mercredi, septembre 14, 2005

Cent ans de solitude, un mois de plénitude.


Lire le bon livre au bon endroit, voilà un moment de grace à savourer. C'est toutefois un challenge souvent difficile à tenir. On se retrouve parfois avec une oeuvre, aussi bonne soit-elle, incongrue. J'ai eu cette chance en Equateur d'avoir entre les mains LE livre de la situation.
Avant de partir, j'hésitais entre un Zola ou un Balzac en me disant qu'un bon classique c'est un peu comme choisir son plat préféré au restaurant, sans risque. Et puis ce ara qui me faisait de l'oeil a fini par l'emporter sur les paysages normands façon Monet ou Poussin. J'ai d'ailleurs vu le vol majestueux de cet oiseaux alors que je me trouvais dans une superbe piscine aux portes de l'Amazonie à Puerto Misahualli.
Petit clin d'oeil du destin à une lectrice! Cette histoire picaresque contée par Garcia-Marguez nous ouvre les portes de fabuleux destins d'une même famille sur plus de cent ans. Les Buendia, famille fondatrice du village de Macondo au coeur de la forêt amazonienne, nous offrent le théatre de leurs vies, de leurs espoirs et de leurs deceptions. Comme j'ai aimé lire cette épopée aux accents de magie gitane en sirotant mon Puro (alccol local de canne à sucre pure titrant 60° vendu 1$ le litre) et en grignotant mes bananas fritas picante! J'avais la sensation d'être l'heureuse spectatrice d'une fresque picaresque aux mille couleurs.
La douce torpeur qui règne dans l'Oriente (partie de l'Equateur où se trouve la forêt amazonienne) est parfaitement retranscrite dans ce livre. La moiteur, les cris de bêtes, l'ennui, la lenteur, l'alcool, le retour des instincts bestiaux tout y est et tout me ramène à ce merveilleux voyage que je me prépare à vous conter dans un blog spécial un peu à part de celui-ci que je souhaite réserver à la littérature. Un polytechnicien croisé dans la jungle m'a dit en voyant mon livre à la main (on fait de ces rencontres parfois!) que c'était bien là le seul bon livre de Gabriel Garcia-Marquez. Que toutes ses autres oeuvres, n'étaient que l'embryon ou la redite maigrelette de son principal écrit. Il faudra vérifier cela et à l'occasion lui rendre justice. Je m'en charge bien volontiers. En attendant, je me lance à pas comptés dans la découverte des ouvrages de la rentrée littéraire. A moi les Nothomb et autres Dantec, Houelbecq et Jardins si ma bibliothèque a pensé à vous, sans quoi je passerai mon chemin. C'est qu'y a les impôts pis les fonciers et tellement d'autres livres à lire dans ma bibliothèque!

12 commentaires:

Saoulfifre a dit…

100 ans de solitude, j'ai lu ça ya très longtemps, j'en garde le souvenir d'un grand choc littéraire, mais je n'ai rien lu d'autre de lui.
La rentrée littéraire, j'ai toujours boycotté, mais raconte, raconte, ça va sûrement être intéressant ! J'ai déjà lu pas mal d'articles sur "la possibilité Dunhill".

Bergamote a dit…

Ben même si on ne peut pas se payer le décor qui va avec, tu donnes envie de le lire. Merci :)

Tant-Bourrin a dit…

Lu également il y a pas mal d'années, mais avec une empreinte dans la mémoire : un sacré bouquin.
Quant à la rentrée littéraire, ça aurait plutôt tendance à me donner envie de sortir vite ! Je me méfie trop de l'éphémère et des paillettes...

chutney a dit…
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chutney a dit…

L'effet mère me fait peur! Je préfère entretenir ma mémoire avec de beaux voyages virtuels. Saoulfifre et tant Bourrin, je pense que je vais suivre vos conseils avisés et fuir cette rentrée littéraire qui me parait bien maussade entre la mangeuse de fruits avariés et le misogyne reactionnaire... Si vous avez eu des chocs littéraires qui ont durablement marqué votre esprit, n'hésitez pas à m'en faire part! ce sera un beau cadeau.

Saoulfifre a dit…

Nous nous sommes fait découvrir mutuellement plein d'auteurs, mais notre petit chéri (le mot est faible) c'est Richard Millet. C'est un contemporain qui écrit toujours régulièrement, on a même parlé de lui pour le Goncourt il y a un ou deux ans, mais si tu ne le connais pas, il vaut mieux commencer par "La gloire des Pythres"(en folio). Tu demandes du choc, là tu vas en avoir du choc ! Si tu résistes, tu deviens automatiquement fan, à crier avec nous : RIIIIIIiiiiiichard... en secouant les barrières !

Tant-Bourrin a dit…

Je confirme : la trilogie siomoise - "la gloire des Pythre", "l'amour des trois soeurs Piale" et "Lauve le pur" - à laquelle est venu s'ajouter le remarquable "Ma vie parmi les ombres" (bé alors c'est une quadrilogie, eh banane !) est sublime. Forcément sublime, ajouterait l'autre.

chutney a dit…

Merci les copains ! je vais me plonger dans Millet comme un campagnole dans un sac de graines!

Pascalou a dit…

Cent ans de solitude! Mais oui, mais c'est bien sûr! Merci Chutney, je sais comment continuer mon voyage...

chutney a dit…

A lire sans modération (à la différence du puro...) avec comme font musical "Tengo la camisa negra" ou mieux,"Lo que paso, paso"!!

haddou a dit…

100 ans de solitude est tout simplement merveilleux.

Anonyme a dit…

Lire le blog en entier, pretty good