mercredi, octobre 26, 2005

Ivresses parallèles

Il y a bientôt 10 ans, je croisais par le plus pur des hasards Frédéric Beigbeder à la Librairie La Hune du Bd St Germain. Je rêvais à l'époque de faire partie du Caca's club (club des analphabètes cons mais attachants) dont il était le fondateur. Lorsque ce dernier me lança un regard plus que concupiscent, je restais malheureusement interdite et n'osais franchir le pas qui m'aurait mené vers la gloire ou plus assurément dans son lit. Depuis cette fugace rencontre, Beigbeder est devenu écrivain, le caca's club n'existe plus et Bukowski est mort. Comme quoi tout fout le camp. Il est toutefois intéressant de profiter de l'occasion pour faire un rapprochement entre ces deux écrivains. Pour voir à quel point le jeune loup s'est inspiré du vieux cochon aussi bien dans ses écrits que dans l'évolution de son personnage. A la lueur de "Contes de la folie ordinaire" et de "Nouvelles sous ecstasy" je vais, sans trop de peine, vous en faire la démonstration. Inutile de spécifier que le parti pris est évident et que biensûr Beig n'a pas la carrure de Buk, qu'il flotte même dans ses santiags et se noie dans son fond de bourbon mais bon quand on copie en moins bien il faut s'attendre à quelques revers... Beigbeder aime comparer (Le Clezio à Gillot Petré, Ravalec à un sanibroyeur, Paul Auster à un imposteur) alors comparons !
Leurs points communs :
Une certaine marginalité.
L'usage de drogues.
Le goût des femmes.
Une grande liberté.
Anthropologistes de leur milieu.
Tous deux divorcés père d'une fille.

Leurs divergences :
L'un est marginal dans son milieu, l'autre est marginal dans le milieu qui n'est pas le sien.
L'un est un alcoolique achevé, l'autre cherche de nouvelles sensations dans les paradis artificiels.
L'un n'a aucun respect pour les femmes mais est un vrai tendre, l'autre se dit romantique mais est un vrai macho.
L'un eut une enfance favorisée, l'autre est né pauvre et se faisait battre par son père.
Quand l'un est cru c'est de la littérature, quand l'autre est acide c'est déjà vu dans Voici.
Quand l'un vomit dans ses toilettes d'hotel miteux l'autre vomit dans les poubelles de la rue de Varenne.
Quand l'un se descend trois bouteilles de Sancerre à Apostrophe avant de sortir son cran d'arrêt, l'autre cherche encore comment heurter l'opinion publique et créer la contreverse.

Moralité:
Si Bukowski était une voiture, il serait une jeep crottée jusqu'à la moelle.
Si Beigbeder était une voiture, il serait une smart couverte de pub.
Ca klaxonne, ça se faufile mais ça tient pas la distance.

7 commentaires:

Anonyme a dit…
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Anonyme a dit…
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Pascalou a dit…

Magnifique! Je ne connaissais pas Buk avant (que de nom) et voilà ma culture faite sous la forme d'un excellent divertissement.

C'est drôle même si j'ai aucun point de repère, c'est fort!

No Hassle Loans a dit…
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manu de hanoi a dit…

wow tu tapes fort, mais c'etait quoi au juste ce truc le "caca's club", je trouve rien dessus sur le net... raconte.

Un homme concupicent

Chutney a dit…

La caca's club fut aux nuits parisiennes ce que la bague d'orteil est à la joaillerie c'est à dire un club excentrique et snob pas toujours fin fin peuplé d'intelectuels passablement eméchés en quête de grosse poilade et de dérision.
Peu pas dire mieux... Il est vrai qu'internet reste muet sur le sujet. Etrange...

manu de hanoi a dit…
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