vendredi, janvier 27, 2006

The Jane Austen Power

Après avoir traversé, non sans mal, ces semaines de gastroentérites, de grippe aviaire et de grippe tout court, il est, je crois de bon augure d’aller se mettre quelques petits papillons dans le ventre en se replongeant dans l’œuvre brillante que nous a léguée Jane Austen.
Sachant que le septième art allait nous offrir une fois de plus courant 2006 le raccourci d’une oeuvre majeure, je me suis mise en demeure de lire ce merveilleux pavé qu’est «Orgueil et préjugés». J’y ai découvert avec délectation l’histoire passionnante et passionnelle d’Elizabeth Bennett et Marc Darcy (et non Marc Dorcel comme je l’ai, de triste mémoire, déjà entendu…). Bien sur, je suis bonne fille et, j’ai comme beaucoup d’entre nou(e)s, trouvé en Monsieur Darcy la personnification de l’homme idéal. Fort, protecteur, un brin taiseux, du genre à ne pas avoir les deux pieds dans la même derby et surtout un flegme et une sensibilité toute britannique. Mais, à la lecture d’ «Orgueil et préjugés » comme dans « Emma » ou « Raisons et sentiments », ce qui m’a le plus plu, c’est le portrait que Jane Austen dresse de la bourgeoisie anglaise du XVIIIè bien entendu mais aussi et surtout son humour et sa vision de l’amour alors qu’elle-même n’a jamais connu les égarements du coeur.
C’est donc baignée de cette représentation idéale de l’existence et non moins éprise de ce cher Darcy que je m’en fus un beau matin de RTT visionner seule le dernier opus de Joe Wright. Seule mais avec force mouchoirs, bien calée au troisième rang de mon UGC de quartier.
J’avoue ne pas avoir été déçue, surtout pas Darcy qui, chaud comme un muffin tout juste sorti du four dans sa redingote ajustée m'a fait défaillir plus d’une fois, un véritable supplice pour célibataire au long cours …
Mais, il faut raison et sentiments garder. J’avoue avoir été passablement agacée par les minauderies de Mademoiselle Keira Knightley qui est sensée incarner la très gifted Elizabeth Bennet. Elle est bien entendu très jolie et ce n’est pas la jalousie qui me fait parler (un peu quand même mais ce n’est pas là l’essentiel) en fait, elle m'a profondément ennuyée avec ses petits sourires étudiés et ses mordillages de lèvres qui doivent certainement être aussi inconscients que l’est son QI.
Ce qui m’a particulièrement plu par contre, au-delà des coupes sombres et des inadmissibles raccourcis employés par Joe Wright, ce sont les costumes. Pour une fois enfin on y croyait !
Du vrai tissus, usé, fatigué, mal repassé du vintage pour sur, nous qui étions habitués à sentir la savonnette à la violette et à voir des costumes tout droit sortis du 5 à sec dès qu’on nous présente un film d’époque, j’ai été conquise par tant de sobriété et de justesse.
La conclusion reste simple, il faut lire les livres et ne jamais se contenter d’une adaptation cinématographique aussi brillante soit elle. Nous nous devons de laisser aller notre imaginaire car il sera toujours de loin le meilleur des metteurs en scène.

9 commentaires:

Yves a dit…

Vraiment excellente cette chronique !

Saoulfifre a dit…

J'ai bien ri, mais ton billet appuie encore une fois sur mon inculture. Je connais ce nom de Jane Austen, mais n'ai jamais rien lu d'elle. C'est de l'époque des sœurs Brontë ?

chutney a dit…

Je crois qu'il y a pas loin d'un siècle entre elles mais je me trompe peut etre! Avis aux passionnés!

Byalpel a dit…

Effectivement excellente !

Entièrement d'accord avec toi sur toute l'analyse et surtout pour Keira Knightley (et pourtant je ne jalouse rien, je suis un garçon) : elle a exactement les mêmes mimiques quel que soit le film dans lequel elle joue. "Pride and Prejudice" ou "les pirates des caraïbes" même combat...

Le remake "Bride and Prejudice" (ou coup de foudre à Bollywood" est tordant et très chaleureux par contre...

Blog Trotter a dit…

Toujours aussi douée pour la titraille... À faire pâlir d'envie tous les secrétaires de rédaction de France et de Navarre!

Anonyme a dit…

bonjour,
je viens de lire le billet ,je dois dire qu il me parait assez juste sauf que si quelqu'un veux voir une bonne adaptation de pride and prejudice je vous conseille le telefilm passer sur la bbc avec Colin Firthqui fait un darcy bien plus plosible et une elisabeth remarrrrrrrrrquable (enfin c est mon avis )et surtout il dure plusieurs heures...il vient de sortir en dvd a toute les passionnés....
a bientot

Anonyme a dit…

Tout à fait d'accord sur le film, même si moi j'ai été un tout petit peu déçue par Darcy. Une petite modif cependant par rapport au billet : dans l'oeuvre de Jane Austen, le prénom de Darcy n'est pas Marc, mais Fitzwilliam. Marc est le Monsieur Darcy de Bridget Jones.

love life or not a dit…

Je trouve que le personnage de Lizzy colle mieux à K. Knightley qu'à J. Ehle. Je trouve également Fitzwilliam Darcy "sex" comme il faut dans le film et le téléfilm.
Ensuite on ne sais pas si J. Austen n'a jamais connu l'amour. Je ne pense pas qu'elle ait pu écrire autant de romans sur le sujet sans ça. Ou alors justement, elle écrivait sans savoir de quoi elle parlait, et c'est pour ça que c'est aussi "hummmm", il faudrait inventer un mot pour définir l'espèce d'orgasme de bonheur que ça procure. Comme un bon bain chaud après une journée d'enfer.

Chutney a dit…

Je colle à 100% avec ton avis sur le coté sex comme il faut de Darcy et sur cet étrange objet du désir décrit aussi magistralement par cette femme qui en ignorait tout!